[Présidentielles] La place du gaz naturel dans les programmes des candidats

La présidentielle 2017 aura lieu dans quelques semaines maintenant. Selon un sondage réalisé en mars par le cabinet d’études et de sondages Elabe, 59 % des électeurs inscrits interrogés se disent « tout à fait certains d’aller voter » au premier tour ; les autres sont plus hésitants. C’est notamment pourquoi le maGAZine décrypte pour vous les programmes électoraux des principaux candidats aux Présidentielles en matière d’énergie ! Après le nucléaire, c’est aujourd’hui un focus sur la place du gaz naturel que nous vous proposons.

Sommaire

François Fillon (Les Républicains)

Le candidat des Républicains souhaite favoriser le développement du biogaz dans les territoires agricoles. Il est, au contraire des autres concurrents, favorable à une recherche sur l’exploitation sans risque du gaz de schiste.

Benoît Hamon (Parti Socialiste)

Benoît Hamon s’oppose à l’exploration des hydrocarbures non conventionnels, ainsi qu’à celle du gaz de houille. C’est, dans son programme, la seule mention faite du gaz naturel.

Marine Le Pen (Front National)

La candidate du Front National est favorable au maintien de l’interdiction de toute exploitation du gaz de schiste. Pas d’autre mention du gaz naturel ou de sa place dans le mix énergétique dans son programme.

Emmanuel Macron (En Marche !)

Comme d’autres, Emmanuel Macron aborde la question du gaz naturel dans son programme uniquement lorsqu’il s’agit d’évoquer le gaz de schiste. L’ancien ministre de l’économie de François Hollande prévoit ainsi de ne pas lancer d’exploitation de gaz de schiste durant son quinquennat.

Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise)

Le leader de la France Insoumise ne parle de la place du gaz naturel que pour évoquer son opposition à l’exploration de gaz et de pétrole de schiste. Idem pour le gaz de houille : Jean-Luc Mélenchon est fermement opposé à son exploitation. Il souhaite, en revanche, favoriser le développement du gaz de synthèse, afin de remplacer les carburants d’origine fossile, qu’il prévoit de ne plus subventionner.

Et alors, bilan ?

La place accordée au gaz naturel dans les programmes électoraux est somme toute assez faible : il n’est ainsi fait mention de cette ressource que s’agissant du gaz de schiste et de son exploitation.

Une situation qui dérange l'association Coénove, qui rassemble les professionnels (énergéticiens, industriels…) de la filière gazière. Elle a donc pris l’initiative de soumettre aux candidats ses propositions telles qu’un mix énergétique diversifié, ou le lancement d'une politique volontariste de développement d'une stratégie nationale du gaz renouvelable.

Nous pensons qu’il est nécessaire de développer une approche nouvelle, fondée sur la complémentarité des énergies afin de tirer avantage de chacune d’entre elles ainsi qu’en misant sur leurs synergies existantes et à venir, écrit ainsi Coénove dans un communiqué publié début mars. La contribution du gaz, et notamment du gaz renouvelable, y est essentielle. Energie polyvalente, elle est la seule à ce jour à même de satisfaire des besoins thermiques tant des bâtiments que de l’industrie, mais aussi de réduire les émissions de gaz à effet de serre des transports et de contribuer à la production d’électricité.

En janvier dernier, c’était l’Association française du gaz (AFG) qui avait publié 10 propositions de l’industrie gazière dans un livre blanc et largement distribué aux pouvoirs publics.

C’est également le positionnement du maGAZine depuis plusieurs mois déjà, souvenez-vous de notre article : Le gaz, un atout pour la transition énergétique ?

Vous le voyez, la place du gaz naturel est peu exploitée par les candidats aux élections présidentielles, qui n’y consacrent encore que peu de lignes dans les programmes. Les efforts des acteurs du secteur du gaz pour se faire entendre des candidats à la présidentielle paieront-ils ? À suivre !