Marché du gaz : l’analyse technique de juin 2015

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Sommaire

Le marché du gaz en juin 2015

Les prix à court terme ont brusquement augmenté en début de mois : au Nord, du fait d'une maintenance non-prévue en Norvège impactant les flux en Europe et à destination de la France ; au Sud, principalement en raison des restrictions de capacité sur l’axe Nord-Sud. Cette situation s'est ensuite détendue avec des flux européens plus importants et la fin de la période de maintenance. La baisse des prix a été encore plus marquée au Sud suite à l'arrivée concomitante de deux navires au terminal GNL de Fos jeudi 11 juin. Cette chute des prix a impacté à la baisse le différentiel Nord-Sud, qui est même devenu négatif pour les contrats Day-Ahead. À plus long terme, le spread Nord-TRS est plus élevé du fait de l’anticipation de restrictions de capacité annoncées par GRTGaz.Les semaines suivantes ont été moins volatiles que cette dernière. Le niveau de consommation s’est stabilisé au Sud comme au Nord. En effet, la consommation de gaz en France atteint des niveaux bas et stables, ce qui n'est pas propice à de forts mouvements de prix sauf raison exceptionnelle. Le différentiel Nord-TRS a, quant à lui, progressivement augmenté tout au long du mois de juin.Les phénomène marquants du mois sur le marché du gaz naturel français ont été :

  • De nombreuses livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) : rien que sur les quinze premiers jours du mois, on en dénombrait déjà 5.
  • La réduction de la production de gaz à Groningue (Pays-Bas). Le plafond de la production sur le champ de Groningue, quatorzième plus gros champ de production de gaz naturel au monde, a été réduit de 39,4 bcm à 30 bcm par an, alors qu'il était encore de 55 bcm en 2013.
  • Le stockage est toujours en cours à des rythmes très bas puisque les mois futurs sont moins chers que les prix spot, ce qui n'incite pas à stocker dès aujourd'hui.
  • L’Ukraine cessera d'acheter du gaz à la Russie dès le 1er juillet faute d'accord sur le prix du gaz entre les deux parties.
  • La canicule qui sévit actuellement sur l'Hexagone a eu un léger effet haussier sur les flux. En règle général, une hausse des températures engendre une baisse de la consommation. Mais ici, cette hausse de la consommation de gaz s'explique par la plus forte demande en électricité des foyers français, principalement pour la climatisation électrique.

Enfin, les incertitudes face à la situation de la Grèce n'auront pas eu d'impact direct sur le prix du gaz. Néanmoins, par ricochet, cette tragédie grecque impacte les marchés boursiers, dont la parité euro-dollar, qui impacte le cours du Brent sur lequel sont indexés certains contrats long terme en gaz.

Certains drivers du prix du gaz

Le prix du pétrole

Le baril de Brent finit en baisse de 3,2 % sur le mois de juin. Un mois très volatile qui a vu une alternance de phases de hausses et de baisses au fil des semaines. Elle est le fruit d’un enchaînement de facteurs haussiers et baissiers tout au long du mois de juin :

  • Drivers de la hausse : réduction plus forte que ce qui était prévu des stocks de baril aux États-Unis, espoir de solution de dernière-minute à la crise entre la Grèce et ses créanciers et baisse du dollar.
  • Drivers de la baisse : production plus élevée que ce qui était prévu en Arabie Saoudite, désillusion sur la résolution de la crise grecque que l’on pouvait entrevoir, hausse du dollar, potentiel accord sur le nucléaire iranien (parce qu’il y aura une augmentation nette de l'offre au niveau mondial si l'Iran retrouve le droit d'exporter du pétrole).

À cette forte volatilité succède une semaine de baisse marquée par la situation à Athènes qui a crispé les marchés boursiers. L'incertitude économique sous-jacente, ainsi que la publication de mauvais indicateurs économiques concernant la reprise aux États-Unis et la hausse inattendue des stocks US ont eu un impact à la baisse. Enfin, la finalisation de l'accord sur le nucléaire iranien se fait toujours attendre et l’hypothèse d'une impossibilité à conclure a aussi impacté le cours du baril de Brent.

Le taux de change EUR/USD

L'interminable situation grecque et le report d'une hausse des taux par la FED ont été les éléments majeurs de juin.L’anticipation d’une solution grecque a joué en faveur de l’euro en juin. Néanmoins cela ne s'est pas confirmé en fin de mois. L'incertitude quant à l'avenir de la monnaie unique si la Grèce était amenée à quitter la zone euro a contribué à un renforcement du dollar. Par ailleurs, l'annonce de la FED de ne pas augmenter les taux et d'attendre au moins la fin de l'année pour envisager une hausse a été un facteur négatif pour la monnaie verte, témoin du manque de vigueur de la reprise économique outre-Atlantique.Résultat, pas de forte évolution de la paire EUR/USD. Le cours augmente timidement de 1,7 % sur le mois de juin, en passant de 1,0953 à 1,1142.

Les températures

Après un début de mois plutôt en dessous des normales de saison, les températures sont fortement reparties à la hausse la troisième semaine de juin, au point d’atteindre des niveaux caniculaires.La situation devrait peu à peu se normaliser dans les prochains jours, même si le temps devrait rester chaud et sec globalement. De possibles épisodes orageux ne sont pas à exclure. Les températures devraient rester supérieures aux normales de saison sur la plupart des régions.Il est important de préciser qu’en période estivale, les températures ont de moins en moins d'impact sur les prix puisque les sites thermo-sensibles ne consomment quasiment plus de gaz durant cette période.